Une semaine aux chevreuils

Depuis un bail, je n’avais pas eu l’occasion d’aller faire des photos tous les soirs, soit à cause du boulot, soit à cause du temps. Cette semaine par contre, c’est les vacances, et les nuages se font plus que rare.
Quelques extraits de ma semaine, jour par jour. Les photos ne sont quasiment pas retouchées, j’ai laissé les cadrages originaux, ça m’apprendra à cadrer certaines photos comme un gland. Il y a pas mal de bruit, la plupart des photos ayant été prise lorsque le soleil était déjà presque couché, difficile de ne pas monter dans les ISOS. Toutes les photos suivantes sont réalisées au 400D, accompagné du 70-300 APO Sigma.
Au passage, les galeries sont divisées par journée, vous ne pourrez donc pas toutes les voir simplement en cliquant sur “Suiv” dans l’aperçu ;)

Bref, assez de blabla, passons aux photos.

Lundi 16/04 et mardi 17/04: rien …

Pas de photos, la semaine commence bien. Le lundi, j’arrive au spot à chevreuils, mais c’est le bruit d’un tracteur qui m’accueille. Un débardage étant effectué dans le champ voisin, pas de bestioles ce soir là.
Le mardi, je suis en mode recalage des horaires de sommeil, autant dire que la nuit blanche de lundi à mardi ne me permet pas d’aller à l’affût le soir, à moins de vouloir me réveiller le mercredi matin au milieu du champ :D
Les jours suivants sont plus intéressants, heureusement ;)

Mercredi 18/04: première chevrette, et bien accompagnée

19h environ (les EXIFs annoncent des photos prisent à 18h30, j’ai remis l’appareil à l’heure d’été plus tard :D ), j’arrive au spot. En avançant dans le champ, j’aperçois une chose brune/orange qui bouge au milieu du champ. Je pense à un renard, je sors les jumelles (pour une fois que je pense à les prendre) et que vois-je ? Un chat. Je m’approche discrètement en longeant la lisière du champ, je ré arme les jumelles. Bizarre cette petite tache blanche au menton, et cette queue étrangement touffue (oui, je parle du chat … :p ), ben oui, c’est un chat sauvage.
Je sors discrètement l’appareil, je cadre, l’appareil m’annonce 0.3 secondes de temps de pose et pourtant je suis bien à 1600 ISOS et ouverture maximale. Bref, plein de confiance, je shoot quand même 3/4 photos. Une minute environ voulant reshooter, je me rend compte que la molette le sélection de l’ouverture ne fait pas bouger l’ouverture, mais les temps de poses.
J’enlève le mode manuel et repasse en mode AV, en me maudissant au passage. Je retente une photo ou deux, mais aucune n’est digne d’être montrée, on y voit juste une tête floue au milieu des fleurs violettes dont je ne connais pas le nom (voir la note précédente.)

Si j’ai raté le chat, je ne raterai pas la chevrette un peu plus haut dans le champ. Toujours en rampant dans l’herbe, je m’approche discrètement pour pouvoir photographier l’animal. Elle s’occupera elle même du reste de l’approche, jusqu’au moment où, assez près de moi, elle comprendra quelle genre d’animal fait ces cliquetis ;)

Après m’avoir repéré, la chevrette s’enfuit dans les bois en aboyant, ne manquant pas de faire déguerpir toute autre forme de vie dans le champ (en particulier le lièvre au fond du champ. Tant pis, je l’aurai bien tôt ou tard).

Jeudi 19/04: l’affût foireux …

La vue du chat sauvage m’ayant donné des ailes, je me décide donc à monter un affût au bois rond (un bosquet à 20/30 mètres de là où le chat était hier) en espérant revoir le félin.

  • 16h: j’arrive et tend le filet le camouflage entre deux arbres, fait un trou pour y passer l’objectif et me place pour attendre.
  • 17h: rien à l’horizon. Et un affût quand il ne se passe rien, c’est chiant comme la mort (voire pire, dans Ghost ils avaient de quoi s’occuper les morts, dans Casper aussi :D ). Je craque et m’allume une clope, du moins j’essaye, le briquet étant resté à la maison. Si une ni deux, je tente de l’allumer sans feu: la technique du frottement de branche me semblant trop bruyant, je teste la technique de la loupe, ici adaptée avec les moyens du bord: rien avec les jumelles, rien avec le 70-300 et des résultats pas beaucoup plus probants avec le 28-80. Au moins, ça fait passer le temps …
  • 18h: ah, un chat. Je l’observe aux jumelles, c’est un chat haret.
  • 18h30: enfin un peu de vie, deux lièvres sortent du bois, mais trop loin pour les photos (c’était déjà difficile de bien les observer aux jumelles).
  • 19h: ah enfin les bonnes heures commencent, sauf qu’au lieu de voir sortir des chevreuils, c’est un tracteur qui vient débarder :(
  • 19h15: je remballe, ça sera pour une autre fois.

Vendredi 20/04: des résultats encore bien maigres …

Un peu énervé par l’affût foiré de la veille, je me décide à partir en billebaude, histoire d’être à peu près sûr de voir quelque chose. La stratégie se révélera payante, j’aurais vu un chevreuil de super loin …
Encore une fois, j’ai eu un flair hors du commun.

Je commence un peu à être blasé je l’avoue, je commence plus à me tourner vers les fleurs, elles au moins ne se barrent pas en courrant ;)

Samedi 21/04: soyons fous, retentons l’affût

Cette fois-ci, je remonte un affût en haut du champ, près de là où se trouvaient les lièvres deux jours avant (avec l’intime persuasion que le chat sauvage ferait son apparition en bas du champ, trop loin pour la moindre photo, histoire de me mettre les nerfs :D ).
Même principe que deux jours avant, c’est un affût “à l’arrache”, le filet de camouflage servant à continuer le buisson à coté de moi. Bien qu’étant arrivé assez tôt (environ 16h30), je réussi à faire fuir un lièvre en traversant le champ. Je pensais qu’ils ne seraient pas encore de sortie.

Après trois bonnes heures sans voir la moindre trace de vie, je quitte mon poste quelques secondes afin d’observer ce qu’il se passe dans le champ à coté, et ce qu’il se passe de l’autre coté du buisson aussi (une bonne partie du champ étant caché par ce buisson). Rien de l’autre coté du buisson. Par contre de l’autre coté de la haie, j’aperçois un lièvre assez loin dans le champ.
Sentant que mon affût allait encore être foireux, je le déplace à la bordure des deux champs, un poste de chasse assez réputé. Si les chasseurs arrivent à tirer depuis là, je devrais pouvoir faire 2/3 photos tout de même (la première et troisième photo de cette galerie viennent de ce poste d’ailleurs). Je retend vaguement le filet, et me remet en attente).

Alors que je surveille le champ dont je viens, j’entend du bruit derrière moi, je me retourne et à 4/5 mètres de là, un lièvre se ballade. Le temps de tendre le bras vers l’appareil, il avait décampé, c’est méfiant ces bestiaux …
20h30, enfin quelque chose à se mettre sous l’appareil, malgré la lumière de plus en plus faible. Au loin, de nombreux chevreuils sortent du bois (6 en tout, plus ou moins dispersés).

Peu après, un brocard commence à se balader et se rapproche un peu. Les photos sont elles de pires en pires, le flou ne faisant qu’augmenter (sans compter le superbe cadrage “pile dans la pastille” :|) …

Vu la qualité des photos, il me reste deux choix, arrêter le massacre ou tenter des filés. Au 300 avec des poses de 1/4 de seconde, il ne faut pas rêver et oublier l’idée d’avoir des photos nettes, je tente donc des filés. Ca tombe bien, les chevreuils jouent et courent par moment.
A la vue des photos de filé, il me faut encore pas mal d’entraînement, ça oscille entre le n’importe quoi et le “mouais bof”.

Dimanche 22/04: les deux pieds dans la merde, et avec le sourire

Malgré la qualité des photos de la veille, je persiste et retourne voir mes chevreuils. A peine entré dans le champ, j’aperçois au loin une masse brune dans la lumière. Je sors les jumelles, c’est une chevrette. Profitant d’un bosquet, j’approche assez rapidement sans me faire remarqué. Je pose le sac photo, les jumelles et je continue en rampant pour pouvoir approcher la belle, qui reste en pleine lumière et fait de jolies poses, une véritable starlette :D

A force de tenter des approches, je suis repéré et la belle s’approche en faisant un détour par le bois rond.

Je pense que cette fois c’est fini et qu’elle va filer en aboyant à tue-tête, pourtant elle ne fait que de se détourner et retourne en marchant en direction du bois. En regardant par là bas, je me rend compte qu’un brocard l’attend à l’orée du bois.
La chevrette continue donc, passant derrière un vieux tas de fumier au milieu du champ. Tant pis pour l’honneur, je m’en servirai comme affût. Par chance, celui-ci est plutôt sec, et en essayant d’oublier ce qu’est mon support actuel, il m’offre un joli point de vue. Le brocard s’approche, plus près qu’aucun chevreuil que j’ai pu voir jusque ici, et comme un gland, je foire complètement mon cadrage :(

Les deux chevreuils restent un peu près de l’affût, repartent en direction du bois rond, puis reviennent en ma direction. Là malheureusement, la lumière est de plus en plus faible, il fait presque nuit. Bien décidé à immortaliser leur proximité, je tente une photo au flash. Etrangement, aucune réaction du brocard lorsque le flash se déclenche. J’en profite pour faire quelques autres photos aux flash, malheureusement, de nuit, la mise au point est plutôt ardue (et la cadrage de même), et une seule photo est nette.

Petit à petit, ils s’éloignent et moi de même, il fait à présent complètement nuit. Au passage j’aurai appris quelque chose: lorsque la nuit commence à tomber et que la casquette de camouflage devient inutile, il est complètement stupide de la poser dans un coin et de se dire “Je la reprendrai en partant”. De nuit, une casquette de camouflage est tout bonnement invisible :D Bref, j’y suis retourné le lendemain matin, et j’ai retrouvé ma casquette, ainsi que mon paquet de clopes et mon briquet qui étaient tombés de ma poche pendant que je rampait au sol …

Lundi 23/04: la semaine est finie, mais pas moi ;)

Etant donné que les premières observations commencent un mercredi, autant continuer jusqu’au mercredi suivant ;)
J’arrive dans le premier champ vers 20h, pensant remonter directement au poste de chasse. Dans le premier champ, il y a déjà un vieux brocard, le “tête noir”, que l’on observe depuis quelques temps dans le coin. Assez haut dans le champ, il me repère rapidement, mais ne semble pas plus inquiété que ça. Je l’observe quelques temps aux jumelles, il rentre calmement dans le bois. J’attend encore quelques minutes, et traverse le champ afin d’atteindre le poste de chasse. Arrivé au niveau de la haie, je l’entend aboyer derrière moi, ce qui ne semble pas inquiéter les chevreuils broutant de l’autre coté de la haie. Comme celle-ci est encore très clairsemé, je dois faire bien attention à ne pas me faire repérer.
Arrivé assez près, je me mets à ramper pour pouvoir approcher de la haie, et trouver un trou pour y passer l’objectif. Comme je suis au niveau du sol, un certain nombre de branches basses et de brin d’herbes entachent les photos :| De là, je peux observer deux brocards broutant et jouant. Ils portent encore les velours, et l’un deux semblent avoir été amoché au niveau de l’épaule.

Sur cette dernière photo, j’ai tenté une technique de réduction de bruit expliqué par Down_under, sur le forum Benelux Nature Photo. Cette technique consiste à sous-exposer la photo, puis à ré-augmenter la luminosité sur l’ordinateur. La différence n’est pas énorme sur cet exemple, il faudra que je reteste une autre fois. Peut être est-ce plus efficace avec un boîtier Nikon ? ;)

Mardi 24/04: dernière sortie aux chevreuils

Assez satisfait de certaines photos, je décide de retourner une dernière fois au champ pour revoir les chevreuils, avant de finir les vacances sur d’autres bêtes à cornes (les chamois pour ne pas les citer).
Cette fois, je me poste dans un bosquet situé dans le deuxième champ (on aperçoit le bosquet sur la gauche de cette photo). Malheureusement, un arbre du bosquet a été coupé récemment, et ses branches ont été empilées en bordure (on le voit aussi sur la photo), cachant un bonne partie de la visibilité, sans compter le nombre impressionnant de petites branches craquant au moindre mouvement.
Je reste en position et attend, quand une chevrette sort du bois assez loin de moi. Elle broute et s’approche petit à petit, toujours en restant en lisière du bois, jusqu’à passer dans la zone de non visibilité due aux branches.

Je bouge un petit peu pour essayer de la voir, mais il est très difficile de bouger sans faire de bruit. Après quelques minutes d’hésitation, je me décide à bouger, lorsque je remarque non loin le dos d’un animal (le champ ayant une pente abrupte, il est possible de ne pas voir les animaux). La boule de poils se rapproche, et je me rends compte que c’est un lièvre. Je tente quelques photos, malgré le peu de lumière.
Le bruit que je fais en bougeant et les déclenchements semblent alerter le lièvre, qui s’éloigne un peu du bosquet, retournant près du chemin.

Essayant le profiter du fait qu’il me tourne le dos, je tente une approche. Malheureusement, j’étais focalisé sur le lièvre sans voir la chevrette en contrebas, celle-ci me repère et s’enfuit, faisant fuir du même coup mon lièvre.
Et afin de finir cette belle semaine, un petit coucher de soleil vu depuis le champ.

En conclusion, se sera une assez bonne semaine pour les photos, même si je m’attendais à ne pas voir un seul chevreuil, vu que c’est la période de mise-bas. Un jour je me déciderai peut être à amener un pied, histoire de ne pas avoir 99% de photos floues :D

Mêmes lieux, autres photos ...

Champignon - portrait large Campanule fluette Arrivée du brocard Orchis de Fuchs brocard

Un commentaire pour “Une semaine aux chevreuils”

Avatar de kutter frederic

Bonjour,
ce dimanche 09/02/08, mon fils de 12 ans était dans sa cabanne du bois derrière chez nous et il a surpris un chevreuil en plein vélage!
Il à pris de photos et une mini vidéo avec son portable , parce que chose incroyable, entendant la bête gémir, il l’à approché doucement et carressé pour la rassurer.
Mais son jeune age faisant, “quelque chose de vert sortait de son derrière”, et l’animal se plaignait de plus belle, alors il a eu peur et est revenu nous avertir.
nous pensons que c’est un des premier vélage de printemps?
Pouvez vous nous éclairer merci.
les parents

 
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