Si vous êtes un lecteur assidu (ou pas vu le nombre de mises à jour
), vous aurez remarqué que je teste mon nouvel affût depuis quelques temps (comme ici et là). Pour le moment je m’étais consacré aux oiseaux du jardin, mais depuis deux semaines je me suis attaqué à des espèces un peu plus peureuses qui peuplent les bois autour de chez moi.
Comme pour le post “Une semaine aux chevreuils” de l’an dernier, je vais diviser ce petit résumé par journées.
Samedi 12 avril: un lièvre peu coopératif
La première sortie de l’affût dans le bois est franchement encourageante. Je me place en lisière de bois aux alentours de 18h, et patiente gentiment. Après deux heures d’attentes, un lièvre se décide à pointer le bout de son nez. Malheureusement le bruit du déclenchement le met en alerte, et après six photos il s’enfuit. Le filé de la fuite n’est pas top au niveau du cadrage, mais j’étais assez content de réussir pour une fois cet effet
Un brocard est lui aussi venu dans le champ. Malheureusement, le temps que je réagisse (0° et vent de face, j’avais les bras cachés sous le t-shirt pour ne pas geler
) il avait disparu derrière un buisson.
Dimanche 13 avril: le chevreuil paranoïaque
Afin de ne pas me faire avoir par le brocard comme la veille, j’ai déplacé mon affût plus bas dans le champ. Ainsi placé, j’avais une vision sur une bonne moitié de la lisière. La séance photo s’annonçait relativement mal, puisqu’à peine installé, la pluie commence à tomber. Fort heureusement, l’alerte est de courte durée, et quelques minutes après le soleil revient.
Le placement du l’affût est payant, et une heure après mon installation, je peux observer un brocard longer la lisière du bois dans ma direction.
Malheureusement, comme le lièvre de la veille, il n’a que moyennement supporté le bruit du déclenchement. Après deux photos à porté d’oreille, il s’est mis aux aguets en fixant en direction de l’affût pendant une petite minute. Même si je n’ai pas tenté le moindre déclenchement durant cette courte période, le brocard s’est mis à aboyer en courant en bordure du bois. D’après quelques membres de BeneluxNaturePhoto, ce comportement s’expliquerait par le fait que le brocard à senti un danger sans pouvoir l’identifier: il aboie en sautant partout en espérant que le danger se révèle.
Samedi 3 mai: lièvre placide et tête bizarre
Dernière soirée d’affût (enfin pour le moment), plutôt bien récompensée aussi. J’ai commencé par changer l’affût de champ: celui utilisé précédemment est parfait au niveau de la lumière le soir, mais il existe un angle-mort assez impressionnant. Une de mes soirées d’affût a d’ailleurs été très décevante à cause de cet angle-mort. Au moment où je me suis décidé à rentrer, je me suis rendu compte que trois chevreuils broutaient de l’autre coté du champ, sans que je puisse les voir ![]()
Ce deuxième champ (celui d’à coté en fait
) est donc moins bien exposé (lorsque le soleil baisse, l’ombre de la haie séparant les champs recouvre la pâture), mais le point de vue est largement meilleur.
L’affût est placé aux alentours de 18h15 près de la haie, afin de pouvoir observer une chevrette remarquée la veille. Aux alentours de 19h, je remarque un lièvre un peu plus haut dans le champ. Je me contorsionne un peu pour l’avoir dans le viseur et commence à shooter. Autant son collègue du 12 avril n’a pas supporté le bruit du déclenchement, autant celui-ci n’en avait rien à faire. Je l’ai observé pendant une petite demi-heure, puis il s’est parti de l’autre côté du champ. Je ne pense pas qu’il ai été vraiment dérange, puisqu’il n’a pas fui à toute allure.
Après une demi-heure sans signe de vie dans le champ, une chevrette sort du bois là où je l’avais vue la veille. Elle est malheureusement trop loin pour les photos, de plus elle part de l’autre coté du champ. Je l’observe donc via l’appareil sans tenter de photos. Quelques minutes après, un brocard sort lui aussi du bois. Par chance, celui-ci prend la direction opposée et s’approche de l’affût. Je me retient de faire des photos pour ne pas éveiller ses soupçons avec le bruit de l’appareil, et l’observe durant ses déplacements. Il grignote quelques branches là où le lièvre se tenait avant. Je tente quelques photos, mais contrairement à l’autre brocard, celui-ci s’approche pour voir de quoi il s’agit. Cette proximité m’a permis de me rendre compte que ce brocard souffre d’un problème au niveau des bois, et que sa mue n’est pas encore finie.
Peu de temps après, le brocard de l’autre champ est arrivé, et s’est mis à chasser mon sujet. Pas de photos de la courte-poursuite par contre, ils sont un peu trop rapide pour l’autofocus du 70-300
Une fois mon sujet parti, le second brocard m’a certainement éventé, puisqu’il s’est remis à aboyer à tue-tête.
Au final je suis plus que content de mon affût. Son intégration dans le paysage semble plus que bonne vu les photos de ce soir. Il ne me reste plus qu’à insonoriser l’appareil histoire d’éviter certains désagréments. Il faudra aussi que j’évite le brocard parano, puisque c’est la troisième fois qu’il fait fuir toute forme de vie autour de l’affût en aboyant partout















4 commentaires pour “Chevreuil paranoïaque, tête bizzare et lièvre placide”
Tout cela est vraiment intéressant !!! Il est vrai que cet affût permet de faire des photos impossibles à réaliser autrement. Coup de cœur pour les portraits du brocard et, bien sûr, pour la photo du filé de lièvre (sans jeu de mot
!) vraiment très réussie !
cdt,
Jma
PS : Même pb avec mon 70-300 et la rapidité de l’autofocus : j’ai souvent pesté à cause de sa lenteur ou de ses incessants va et vient pour la mise au point !
Merci Jma

Par contre pour le 70-300 je commence à avoir une technique qui permet d’éviter les va et vient (et surtout le bruit qui l’accompagne). Quand il part en sucette, je trouve un endroit à la distance où il a mis au point et je me rapproche du sujet doucement en faisant la mise au point régulièrement.
Comme ça il n’a pas mise au point d’un coup, ça évite le “ziiiit” qui ferait fuir des bestioles. Par contre sur les sujets en pleine course faut oublier
Belles séries. C’est vrai que l’affût a des avantages. Moi j’utilise un “simple” filet de camouflage. En général j’aime bien garder ma mobilité, même si je peux rester plusieurs heures au même endroit. D’où ma question avec ton système peut on bouger sans être trop vite être repéré par l’animal?
Pour les questions d’autofocus… bah je travail beaucoup en manuel… Ca demande pas mal de préparation/réflexion mais ça donne un résultat pas trop mal comme la photo du bourdon sur mon blog. Je vais mettre quelques explications en commentaires dans la soirée.
A+
Olivier
Merci Olivier
Pour l’affût, il est pas prévu pour être mobile. Je suis même pas sur de pouvoir le déplacer une fois dedans. Alors bouger sans être vu j’en doute
J’utilisais aussi le filet avant, mais c’était pas très confortable malheureusement, c’est pour ça que je suis passé à l’affût: je suis assis sur un siège, c’est mieux, même si c’est pas non plus le fauteuil du salon
Disons que les deux solutions sont complémentaires, confort ou mobilité.
Pour la photo du bourdon, j’étais déjà impressionné, mais en manuel je dis whooo